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CE LIBAN QUE J’AIME

CE LIBAN QUE J’AIME

Malgré la crise économique qui pèse lourd sur le pays des cèdres, la chute de la monnaie locale qui a perdu 70% de sa valeur face au dollar et l’instabilité politique constante, le Liban n’en finira jamais d’attirer des touristes du monde entier malgré et contre tout.

Au bord de la mer Méditerranée, ce pays aux multiples facettes se caractérise justement par son incroyable diversité. 18 communautés religieuses cohabitent sur cette terre de contrastes suspendue entre ciel et mer et façonnée par 10 000 ans d’histoire. La nature et les paysages ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux de la Côte d’Azur. La position géographique privilégiée du Liban, lui valut d’être convoité par diverses civilisations qui ont laissé leurs traces culturelles et archéologiques.

De la grande bleue aux cimes enneigées, avec un trajet record de 40 minutes du bord de mer aux sommets de 1800 mètres, de magnifiques paysages s’offrent aux visiteurs. Ici, on mange bien et difficile de trouver plus chaleureux que les Libanais. Le pays est aussi célèbre pour sa cuisine riche et généreuse reconnue à l’international. L’hospitalité et la famille sont des valeurs chères et on aime les partager autour d’un repas copieux. En matière de fête, les Libanais restent imbattables. Paris, Berlin et New York n’ont rien à apprendre aux noctambules de Beyrouth. Décrire le Liban est chose vaine. Le Liban ne se décrit pas, il se vit. Malgré les années de guerre et la crise actuelle, les libanais ont toujours cette incroyable joie de vivre et l’art de faire la fête en dépit de tout. C’est pourquoi visiter ce merveilleux pays et découvrir son esprit et ses lieux incontournables est un must.

BEYROUTH : LA CAPITALE EN PÉRPÉTUEL MOUVEMENT

L’ambiance y est dynamique, jeune et festive. Beyrouth est un contraste entre présent et passé, modernité et destruction, beauté et laideur, luxe et pauvreté, révolution et joie de vivre… C’est aussi tout ce qui fait le charme de cette ville aux allures d’Orient et aux accents pourtant profondément occidentaux. Une ville vivante vieille de 10 000 ans et résolument tournée vers le présent. C’est ici qu’a d’ailleurs été créée la première école de droit au monde. Dans la cacophonie des Klaxons, Beyrouth, la belle, la meurtrie, revit après des décennies d’histoire tragique. On l’apprivoise à pied, pour acclimater son regard au mélange d’Orient et d’Occident qui l’avait rendue célèbre et qui perdure. Si la politique n’y avait pas causé tant de fracas, le Liban serait un modèle d’intégration communautaire. Bien sûr, la ville a changé ! Beyrouth qui compterait près de 2 millions d’habitants s’agite, vibre, chante avec ses accents mélodieux en arabe, anglais et français. Aucune ville ne donne une telle impression d’être à la fois ailleurs et chez soi. 

BYBLOS : LA PLUS VIEILLE VILLE DU MONDE OÙ ON A CRÉÉ L’ALPHABET

L’antique cité de Byblos au Liban, l’une des plus vieilles villes du Monde ou la présence de l’Humanité est continue depuis plus de 7000 ans perpétue sa tradition commerciale avec notamment ses vieux souks entourés par des remparts de l’époque des croisades. C’est à Byblos qu’a été faite la découverte de la plus ancienne inscription phénicienne gravée sur le sarcophage du roi Ahiram, origine de notre alphabet contemporain. Ville portuaire au charme indéniable, Byblos et ses belles plages de sable fin, ses souks historiques et ses restaurants emblématiques, est un lieu incontournable du tourisme au Liban. Pour info, le mot Bible vient de Byblos. A visiter : Le Château Croisé de Byblos datant du XIIème siècle, les Eglises et Mosquées à l’entrée des Souks, notamment l’Eglise Notre Dame de la Mer, la Cathédrale croisée St Jean-Marc, le musée de cire…

LES TEMPLES DE BAALBECK

Le site antique de Baalbek regroupe un ensemble de temples colossaux qui témoignent de la richesse de la Rome impériale. Parmi ceux-ci, le temple de Bacchus construit par les Romains en hommage au Dieu Soleil, demeure le plus impressionnant. Son immensité rappelle que Baalbek est le plus colossal des temples romains jamais construits. Une œuvre si démesurée qu’elle suscita les légendes les plus folles, comme la présence d’extraterrestres ou de géants.

TYR : LA VILLE NATALE DE LA PRINCESSE EUROPE

Cité de Hiram, Europe, Cadmos, Elissa et du Dieu Melqart, Tyr fut convoitée par les plus grands envahisseurs. La légende raconte qu’Europe, princesse phénicienne, fille du roi de Tyr, se promenant un jour au bord de la mer, fut remarquée par le Dieu Zeus. Enflammé par sa beauté, il se métamorphosa en taureau et vint se coucher aux pieds de la jeune fille, puis la porta sur son dos et se releva pour s’élancer vers la mer. Malgré les cris d’Europe, qui se cramponne à ses cornes, le taureau pénétra dans les flots et s’éloigna du rivage. Tous deux parvinrent ainsi jusqu’en Crète où Zeus s’unit à la jeune fille et donna son nom au continent. La suite de cette légende raconte que le frère d’Europe Cadmos parti à la recherche de sa sœur, débarqua en Grèce toujours dans l’espoir de la retrouver et offrit aux Grecs l’alphabet inventé par les Phéniciens. Figurant au patrimoine mondial de l’Unesco, Tyr est une ville balnéaire du sud Liban ayant des plages de rêve et un petit port. Ses vestiges historiques rappellent aussi son prestige de cité phénicienne et romaine. La voie romaine, longue de 11 mètres, traverse des rangées de thermes romains et des restes d’enclos funéraires. Bordée d’immenses colonnes de marbre, l’artère continue jusqu’au petit port. Au coucher du soleil, les vestiges du site se parent des plus belles couleurs.

LA FORÊT DES CÈDRES

La forêt des Cèdres de Dieu comme on la surnomme est classée «réserve forestière». L’un des arbres porte le nom du poète Lamartine et une plaque commémorative nous rappelle sa venue en 1832. C’est à cet endroit précis qu’il aurait écrit les fameux vers : «Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! suspendez votre cours : laissez-nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours». Située au Liban Nord à deux heures de Beyrouth, la station de ski des Cèdres est la plus ancienne du Liban. Le premier télésiège y a été installé en 1950. La beauté naturelle des lieux, au cœur d’une forêt datant de plusieurs millénaires, contribue à en faire aussi bien un centre de ski qu’un lieu de tourisme international. Etant donné l’altitude du site, cette station reste accessible aux skieurs pendant plusieurs mois. Le Musée du célèbre écrivain et artiste Gibran Khalil Gibran auteur entre autres du Prophète est à visiter également dans cette région.

TRIPOLI

La capitale du Liban-Nord, qui a pâti ces dernières années de diverses tensions reste malgré tout une ville à visiter. Avec son port, ses îles aux palmiers et ses vieux souks qui sentent bon le savon traditionnel et les fleurs d’oranger, Tripoli est une agglomération qui bouillonne. Les habitants semblent vivre au rythme de l’activité commerciale. Le marché d’étoffes et de cuivre ouvragé, les pâtisseries renommées ainsi que les bijouteries et les fabriques de savon attirent les visiteurs. La citadelle, ou le «Château Saint-Gilles» qui surplombe la ville est le site le plus emblématique de Tripoli. Fondé vers 1100, le château fut la résidence de Raymond IV de St Gilles, comte de Toulouse qui assiégea la ville au moment des premières croisades. Aujourd’hui deux musées occupent les lieux.

LA BAIE DE JOUNIEH

Jounieh est la grande ville chrétienne de la côte libanaise, située entre Beyrouth et Byblos. Sa baie est splendide, et Notre dame du Liban à Harissa, immense statue de la vierge, bénie les Libanais à l’instar du Christ-Roi du Corcovado à Rio de Janeiro au Brésil. On accède au site de Harissa qui surplombe la baie de Jounieh par téléférique ou en voiture. Farniente sur les plages, balades dans les souks, pause café, restaurants à gogo, la baie de Jounieh ressemble étrangement à la baie des Anges.

LES GROTTES DE JEITA

À une vingtaine de kilomètres au Nord de Beyrouth, les grottes de Jeita sont un véritable joyau. Composées d’une galerie supérieure et d’une galerie inférieure accessible par barque, ses grottes renferment des galeries fantastiques aux lumières féeriques. Des stalagmites et des stalactites se dessinent en dentelle dans une ambiance brillante et bleutée. Ce n’est pas pour rien qu’elles étaient parmi les finalistes des sept merveilles naturelles du monde en 2011.

LA VALLÉE DE QADISHA

Cette vallée servit de refuge dès les premiers siècles du christianisme. Son destin est particulièrement lié à celui des Maronites qui profitèrent de son relief accidenté et de ses grottes bien cachées pour échapper aux persécutions religieuses. Aujourd’hui, plusieurs monastères chrétiens témoignent avec nostalgie de leur présence. Le monastère de Qannoubine est l’un des plus célèbres et des plus anciens. Perché à flanc de falaise, cet édifice creusé dans la montagne surplombe nonchalamment la vallée. Une véritable oasis de paix et de silence.

DEIR EL QAMAR ET LA RÉGION DU CHOUF

Pour les amateurs d’histoire et les amoureux de la nature, la localité de Deir El Qamar dans la montagne du Chouf constitue sans conteste un passage obligé. Également nommée la cité des Émirs, Deir El Qamar est située à une quarantaine de kilomètres de la capitale. Avant d’atteindre cette destination pittoresque, le visiteur traverse peu après la bifurcation prise sur le littoral une région montagneuse très verdoyante qui offre une atmosphère paisible. Capitale du Mont-Liban au début du XVIIe siècle, sous le règne de l’émir Fakhreddine II, le village est classé depuis 1945 monument historique. La visite pourrait être entamée par un passage à la splendide et emblématique Eglise maronite de «Saydet el-Tallé».

Nadine Fayad Comair

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