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CYRIL MACCIONI, Ambassadeur de Nice Art Expo 2022

CYRIL MACCIONI, Ambassadeur de Nice Art Expo 2022

Cyril Maccioni est Ambassadeur de Nice Art Expo, un salon international d’art contemporain qui s’est tenu les 7, 8 et 9 avril au Palais des expositions à Nice. Ses sculptures aux couleurs vives semblent défendre la cause animale sous tous ses aspects. Focus sur un artiste corse qui a su se faire remarquer en moins de 10 ans, dans le milieu très fermé de l’art contemporain.

Comment se déroule le processus technique de la création de vos œuvres comme l’aigle rouge par exemple ?

Tout d’abord je taille dans la mousse puis je recouvre l’œuvre d’une stratification en fibre de verre et de résine qui permet d’apporter une certaine protection. On a une œuvre qui est très légère et résistante. C’est un compromis très intéressant qui permet de réaliser des choses monumentales ayant un poids relativement léger. Pour l’anecdote, je suis arrivé à ce type de travail pour des raisons de santé. Initialement je travaillais avec des matériaux qui étaient beaucoup plus lourds comme le bois, l’acier… mais suite à des problèmes de dos, j’ai dû opter pour des techniques plus fonctionnelles et c’est comme ça que j’ai découvert les matériaux composites. Je suis arrivé à créer de grandes pièces que je peux bouger beaucoup plus facilement en atelier.

Par la suite, comment peignez-vous les œuvres recouvertes de fibre de verre et de résine ?

Il s’agit de techniques qui visent à affiner le ponçage au fur et à mesure, après ce sont des couches superposées qui permettent d’arriver à ce niveau de profondeur avec à chaque fois la signature qui est sous la couche de vernis.

Vous ne faites que des animaux ?

Dans ma démarche artistique, j’aime montrer que les animaux ont fait le sacrifice de leur vie afin de nous exhorter nous humains à l’acuité. Tous mes animaux sont privés de leurs yeux.  Au départ, je me suis fait connaître avec mes œuvres noires qui faisaient référence au deuil et à l’extinction. J’aime jouer avec le mot réflexion qui pousse le public à s’interroger.

Vos œuvres peuvent être mises à l’extérieur été comme hiver ?

Oui, elles sont résistantes au soleil et à la pluie.

Comment les entretenir ?

Elles s’entretiennent comme une nouvelle voiture. Bien qu’on puisse les exposer à l’extérieur, il faut quand même les entretenir, les nettoyer, ne pas les laisser s’agresser par exemple par les ambrins marins, la poussière, le soleil… 

L’aigle rouge de Cyril Maccioni, ambassadeur du salon, en couverture du magazine Nice Art Expo.

C’est la première année que vous êtes ambassadeur de Nice Art Expo ?

Oui. Je travaille beaucoup à partir des réseaux sociaux, je suis très présent sur différentes plateformes. C’est ainsi qu’on m’a contacté et c’est un très grand honneur pour moi d’être Ambassadeur de ce salon. A ce titre, j’ai proposé ce projet de l’aigle rouge qui garde une certaine cohérence avec ma démarche artistique et reflète l’image du salon qui est le premier organisé à Nice depuis les attentats de 2016. J’ai voulu reprendre le symbole de l’aigle afin de concrétiser et manifester un nouvel envol, à savoir que l’aigle rouge fait référence aux armoiries de la ville de Nice.

S’agit-il d’un salon annuel ?

C’est le premier, c’est un salon qui se voudra par la suite annuel.

Quels sont les critères pour être sélectionné à Nice Art Expo ?

Il y a un comité de sélection et un jury qui étudient les dossiers de candidature de chaque artiste dont le parcours est observé et ensuite les organisateurs proposent à certains exposants d’être éventuellement ambassadeurs.

Ce sont des stands payants ?

Oui bien sûr.

Quel est le secret de votre réussite dans le milieu très fermé de l’art contemporain ?

Je travaille simplement avec mon cœur, je suis un passionné, je passe mon temps dans mon atelier. Mon secret est le travail et la passion ; il faut rester fidèle à ses valeurs. Je suis très proche de la nature, je vis dans une île, j’ai toujours été à proximité des animaux et ça se reflète dans mon travail. Mon message consiste à essayer de faire comprendre aux gens qu’on est en train de vivre une extinction de masse concernant les animaux et il n’y a pas beaucoup de personnes qui s’en rendent compte. C’est important de montrer la fragilité du monde animal et c’est ma façon de mettre l’accent sur ce problème à travers mes sculptures qui se veulent lisses et quelque part fragiles, reflétant ainsi notre image.

«Duality» la dernière oeuvre de Cyril Maccioni. A l’extérieur, elle véhicule une certaine pureté, une certaine grandeur et une perfection dans les formes alors qu’à l’intérieur c’est un chaos.

Quelle est l’œuvre dont vous êtes le plus fier ?

Je n’ai pas l’habitude d’être fier de mon travail. Je suis un éternel insatisfait. Chaque fois que je finis une œuvre, je me dis que j’essaierai de faire mieux la prochaine fois. Il y a des œuvres qui se veulent plus abouties, parfois plus personnelles que celles précédemment réalisés. Bien entendu, l’aigle est une masse assez importante qui a nécessité 800 heures de travail et pas moins de cinq mois pour la réaliser.

Par ailleurs, il y a d’autres pièces que je présente ici et qui sont la somme de tout ce que j’ai appris aujourd’hui. Ma dernière œuvre est intitulée « Duality ». A l’extérieur, elle véhicule une certaine pureté, une certaine grandeur et une perfection dans les formes alors qu’à l’intérieur c’est un chaos. C’est une œuvre à double message qui parle de ce que l’on vit aujourd’hui. En apparence, tout à l’air d’aller si bien mais à l’intérieur ça ne va pas du tout. Le monde est en train de se dégrader et les gens ne veulent pas s’en rendre compte.

Propos recueillis à Nice par: Nadine Fayad Comair

Instagram : @niceartexpo et @cyril.maccioni

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