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IAN ABELA   Le grand photographe international  d’origine libanaise

IAN ABELA Le grand photographe international d’origine libanaise

Il ne parle pas l’arabe mais porte le Liban dans son cœur. Lui, c’est Ian Abela, un artiste international qui a grandi à Paris et dont j’ai découvert les sublimes photos, dans l’un des plus beaux hôtels de Saint Barthélémy, la destination très prisée des milliardaires.

Ian Abela que j’ai rencontré récemment à l’hôtel Le Gray Beirut, a avant tout du goût, le sens du savoir-faire, et l’art de sublimer les objets ou les top modèles qu’il photographie. Il a enchaîné les campagnes pour des marques prestigieuses comme Versace, Ungaro, Swarovski, Biotherm, Bourjois, etc. et son talent n’en finit pas de séduire.

Ian Abela, comment définissez-vous votre style ?

J’aime les images épurées et soignées. Je me focalise sur mon sujet et essaye de le sublimer au mieux. Je porte une attention particulière à ce que le regard soit subtilement orienté. Je ne suis pas le mieux placé pour caractériser mes propres images, mais je peux évoquer un style «chic décontracté».

Quel est votre parcours ?

Depuis ma plus tendre enfance j’ai baigné dans le monde de l’image. Grâce à un beau-père passionné par la photographie je me suis très rapidement mis à l’ouvrage. Dès l’âge de 12 ans, je réalisais mes propres séries que je développais dans la salle de bain. Je suis un véritable autodidacte…

Qu’est-ce qui vous inspire ?

J’ai une fascination particulière pour la haute couture. Je suis très inspiré par les créateurs et l’artisanat et m’impose une discipline rigoureuse. Je ne fais pas de compromis sur mes images et soigne chaque détail.

Est-ce votre premier voyage à Beyrouth ?

Je suis né à Beyrouth… et reste profondément attaché à mes racines. Même si j’ai passé une large partie de mon existence à Paris, j’ai une grande attirance pour le Liban où je retrouve mon identité.

Comment trouvez-vous le Liban ?

J’ai une grande admiration pour les Libanais. Lors de mon dernier passage j’ai eu l’opportunité de rencontrer de nombreux créateurs, designers, architectes et autres artisans. J’ai été stupéfait de voir à quel point ces artistes étaient doués et d’une grande sensibilité. Ces enfants de la guerre ont su puiser leur inspiration et leur créativité dans l’adversité. Je suis en adoration de ce peuple non sans une certaine culpabilité d’avoir été préservé.

Quelle est la création dont vous êtes le plus fier ?

La création dont je suis le plus fier reste mes trois enfants. J’ai assouvi ma passion photographique à travers eux…

Quel est le top modèle avec qui vous avez aimé le plus la session photo ?

Difficile de répondre à cette question car à chaque séance photo une relation se noue avec le modèle. La perception dépasse alors l’aspect purement esthétique et la personnalité du mannequin prend le dessus. Je garde un merveilleux souvenir d’un shooting photo organisé pour Cynthia Sarkis Perros avec Adriana Karembeu.

Combien dure un shooting pour une campagne pub d’un produit beauté par exemple ?

Un shooting dure généralement une à deux journées en fonction du nombre de visuels à réaliser. La préparation est assez longue, car il faut compter plus de trois heures avant de commencer les premières vues.

Le maquillage et la coiffure sont des étapes primordiales pour la mise en beauté du mannequin. Le stylisme et les accessoires peuvent également mettre un certain temps avant de satisfaire tout le monde. Une fois la mannequin prête il reste les derniers ajustements de lumière. C’est un véritable travail d’équipe, nous sommes au moins une dizaine de personnes visant à arriver à un résultat optimum.

Créez-vous le concept de A à Z ?

Pour une campagne de publicité, le photographe est rarement à l’origine du concept. L’agence de publicité travaille en amont sur l’idée créative et ce n’est qu’une fois le projet validé par le client, que le photographe entre en scène. En revanche le photographe s’approprie le projet et y met son interprétation.

Que représente pour vous le luxe?

Le luxe n’a pas de représentation universelle. Il est propre à chacun. Pour moi le luxe est plus un sujet photographique qu’une réalité.

…Et la gloire?

La reconnaissance du travail procure une grande satisfaction et entretient l’estime de soi. Elle est à la fois indispensable et nuisible à l’épanouissement de soi. C’est son alternance qui permet une remise en question permanente afin de se surpasser.

La célébrité?

L’avantage du photographe c’est qu’il peut rester caché derrière son objectif. Un métier de l’ombre pour mettre les autres en lumière.

La beauté?

Je suis très sensible à la beauté. Évidemment cela reste une notion très subjective, mais lorsque la beauté trouve une adhésion générale alors elle devient incontestable. Mon travail a pour but d’exacerber toute forme de beauté.

Qu’avez-vous réussi de mieux?

A garder mon indépendance. Ça c’est mon luxe…

Qu’est-ce qui vous motive?

De ne pas avoir un métier pour gagner ma vie, mais de gagner ma vie en accomplissant ma passion.

Une ambiance déco

Lorsque vous êtes face à un studio photo tout blanc, alors les murs disparaissent et vous êtes au milieu de nulle part . C’est une sensation qui est de l’ordre méditatif… et qui a un effet très relaxant.

Une couleur

Le Noir et Blanc…

Un style de mode

Le nu… le seul qui reste intemporel

Un souvenir inoubliable

Pour la réalisation d’une campagne de parfums Versace, Donatella m’avait mis à disposition sa maison familiale du Lac de Côme… Trois jours de shooting incroyable dans un décor des plus somptueux.

La ville qui fait rêves

J’ai la chance de pouvoir voyager à travers le monde, et je dois dire qu’à chaque retour je suis heureux de retrouver la beauté de Paris.

Une œuvre d’art

Au cours de mon dernier séjour au Liban j’ai découvert avec stupéfaction l’œuvre d’Oscar Niemeyer à Tripoli.

Un souhait

Le Liban souffre depuis trop longtemps et les récentes manifestations témoignent du ras le bol général. Il est temps que le pays trouve enfin son épanouissement…

Propos recueillis par Nadine Fayad Comair

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